Le troisième terminal de Dacca, évalué à 2,1 milliards de dollars, achevé à près de 99 % et inutilisé, assorti d'une clause de non-concurrence de 15 ans
Le Bangladesh a accepté quatre clauses contestées dans la concession du troisième terminal de l'aéroport international Hazrat Shahjalal de Dacca, dont une interdiction pendant 15 ans d'aéroports commerciaux concurrents dans un rayon de 100 km, rapporte The Business Standard. Le terminal, évalué à environ 2,1 milliards de dollars, est inutilisé depuis environ 22 mois.
La concession confierait l'exploitation du terminal à un consortium japonais réunissant Japan Airport Terminal Co., Sumitomo Corporation, Nippon Koei et Narita International Airport Corporation. Le ministère de l'Aviation civile et du Tourisme a approuvé les quatre clauses la semaine dernière, passant outre les objections soulevées par l'Autorité de l'aviation civile du Bangladesh (Caab), a indiqué au journal un haut responsable de la Caab. L'accord révisé a été envoyé au consortium pour un dernier examen et doit encore être approuvé par les ministères de la Justice et des Finances et par le comité des affaires économiques du gouvernement.
La clause interdit pendant 15 ans l'exploitation commerciale d'aéroports civils concurrents dans un rayon de 100 km de la principale porte d'entrée aérienne du pays, sans empêcher d'en planifier ou d'en construire un, ni d'aménager des installations militaires. Le Bangladesh touchera 27 % des recettes concernées de la concession, avec un taux plus bas, non communiqué, tant que le terminal ne fonctionnera que partiellement. Les autres clauses contestées portent sur Biman Bangladesh Airlines, à la fois compagnie aérienne et prestataire d'assistance au sol, et sur le traitement des changements de loi qui toucheraient l'exploitant.
Un point en suspens concerne directement les constructeurs. L'accord doit encore fixer le délai pour signaler et corriger les défauts de construction, désigner qui en répond et qui paie les réparations, et la partie japonaise était en désaccord sur ce sujet, selon le journal. Le ministère a demandé aux fonctionnaires de finaliser ces termes. Le terminal, construit avec le soutien de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA), est achevé à près de 99 %, mais le gouvernement a encore besoin de 902 crores de takas pour le mettre en service.
La Caab compte finaliser l'accord en novembre, et le gouvernement vise une mise en service partielle d'ici le 16 décembre. À pleine exploitation, la capacité annuelle de l'aéroport doit passer d'environ 8 millions de passagers à un niveau compris entre 16 millions et 22 millions.
Pourquoi c’est important : Un terminal achevé reste inutilisé depuis près de deux ans faute d'accord sur l'exploitation, et la garantie des défauts n'est toujours pas réglée. Sur toute réception d'ouvrage, fixez avant l'achèvement les délais de signalement des défauts et qui paie les réparations.
Sources
- Third terminal deal may tie Bangladesh's hands on competing airports for 15 yearsThe Business Standard, 2 nov.