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mercredi 28 octobre
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Ratés et scandalesCanada

La RBQ annule les licences des entreprises d'un promoteur montréalais pour chantiers chaotiques et dangereux

La Régie du bâtiment du Québec (RBQ) a annulé les licences d'entrepreneur de Matériaux de construction Swimko, de deux autres entreprises liées au promoteur montréalais Berish Schwimmer et d'une firme fondée par le consultant qui dirigeait les chantiers de Swimko. La décision du 19 octobre conclut qu'elles manquent de compétence et de probité.

La régisseuse Martine Brodeur a conclu que Swimko a enfreint à répétition les lois qui encadrent la construction au Québec depuis 2020, surtout de 2023 à 2025, et que ses chantiers étaient chaotiques et mal surveillés. Un inspecteur de la CNESST qui compte environ 4 000 visites de chantier a témoigné qu'ils figuraient parmi les pires qu'il ait vus. Outre Swimko, la décision annule les licences de 6865437 Canada (MBH Construction), de Somerled Capital et de Groupe AT Construction.

Le dossier du projet de condos de Swimko sur l'avenue Moishe, à Boisbriand, est lourd : plus de 40 rapports de la CNESST, 69 et 84 avis de correction sur deux des six immeubles, 20 condamnations de Swimko en santé et sécurité du travail entre 2018 et 2021, et 16 autres poursuites pendantes. Un incendie en décembre 2023 a été attribué au filage non conforme d'un panneau électrique temporaire extérieur. En mars 2024, des fermes de toit se sont effondrées et ont frappé un travailleur parce que le contreventement n'avait pas été posé selon les instructions du fabricant. Quelques semaines plus tard, un mur coupe-feu en béton s'est écroulé alors que le chantier était fermé. À Montréal, une façade patrimoniale de l'avenue Van Horne que la Ville exigeait de conserver s'est effondrée en février 2024.

Swimko a continué de travailler malgré les ordres d'arrêt. Des inspecteurs de la RBQ ont trouvé des équipes au projet Moishe en août 2024, alors que Swimko avait perdu la sous-catégorie de licence pour les bâtiments neufs couverts par un plan de garantie, et la Commission de la construction du Québec (CCQ) l'a surprise sur un autre chantier en septembre 2025, après la suspension de sa licence. La Garantie de construction résidentielle (GCR) avait annulé l'adhésion de Swimko en juin 2024. Dans une décision distincte de septembre 2025, un arbitre a conclu que Swimko avait apposé de fausses signatures d'acheteurs sur les contrats de garantie de cinq maisons d'un projet à Sainte-Agathe-des-Monts, et l'a condamnée à verser 10 000 $ en dommages punitifs à une acheteuse.

Groupe AT a repris en octobre 2025 la plupart des chantiers inachevés de Swimko, dont des projets que son avocat évaluait à 45 millions, 8 millions et 6 millions de dollars. La Régie a conclu que le dirigeant d'AT menait dans les faits les chantiers de Swimko et qu'AT n'avait pas changé sa façon de travailler. L'annulation rend irrecevable toute nouvelle demande de licence pendant 12 mois.

Pourquoi c’est important : Au Québec, le passé des dirigeants dans d'autres entreprises les suit, et transférer les chantiers de Swimko à un nouveau titulaire de licence ne les a pas sauvés. Les sous-traitants et fournisseurs sur ces projets doivent vérifier qui détient désormais le contrat et une licence valide avant de poursuivre les travaux.

Sources

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