Kenya : enquête pénale sur l'effondrement d'une tour à Nairobi, l'ingénieur nie toute faute
Le directeur des poursuites publiques du Kenya a ordonné une enquête pénale sur l'effondrement, le 23 octobre, d'un immeuble de grande hauteur en construction dans le quartier d'Eastleigh, à Nairobi. L'ingénieur structure cité par le régulateur affirme n'avoir conçu qu'un bâtiment de 15 étages et n'avoir pas participé au chantier.
Le 26 octobre, le directeur des poursuites publiques, Renson Ingonga, a chargé la direction des enquêtes criminelles de déterminer si des actes ou omissions du promoteur, d'entreprises, d'autres professionnels ou d'agents du comté de Nairobi ont causé l'effondrement sur la 9th Street. Son bureau a indiqué que le comté ne lui avait jamais transmis de dossier d'enquête sur la construction. Citizen TV a rapporté qu'en juin, des agents du comté avaient arrêté 14 personnes liées au chantier pour infractions au droit de l'urbanisme et que 10 avaient été relâchées contre une caution en espèces sans être inculpées.
Les registres de la National Construction Authority (NCA) désignent 9th Street Plaza Limited comme promoteur et Stromax Holdings E.A Limited comme entreprise, ainsi qu'un architecte et un ingénieur structure inscrits. Dans une lettre de son avocat à l'autorité datée du 24 octobre, l'ingénieur dit avoir conçu un immeuble de 15 étages, n'avoir jamais reçu le code d'approbation et n'avoir fourni aucune autre prestation, selon Mjengo Hub. Il conteste toute responsabilité. Figurer au registre ne prouve aucune faute, et personne n'a été inculpé pour l'effondrement.
Harrison Keter, président de l'Engineers Board of Kenya, a déclaré à Citizen TV que l'effondrement n'était pas un accident et que les procédures avaient été ignorées de la conception à l'approbation puis au chantier, rapporte The Eastleigh Voice. Il a cité des informations selon lesquelles l'immeuble, approuvé pour 15 étages, en comptait 18, et rappelé qu'un tel changement exige de nouveaux calculs de structure et une nouvelle autorisation. Il a aussi reproché aux professionnels de quitter un projet sans prévenir les autorités. Les ingénieurs parlent d'un effondrement en crêpe : les poteaux cèdent et les planchers tombent les uns sur les autres. Le gouverneur Johnson Sakaja a affirmé que l'immeuble avait une autorisation du comté mais pas de certificat d'occupation.
Au 28 octobre, au moins 16 personnes restaient portées disparues et les secours avaient dégagé environ 85 % des décombres, selon Kenyans.co.ke. Des équipes chinoises équipées de détecteurs avaient localisé deux personnes en vie, pas encore atteintes. La plupart des personnes qui seraient piégées tenaient des commerces dans l'immeuble inachevé. Les enquêteurs ont déjà entendu des agents du comté et l'un des propriétaires.
Pourquoi c’est important : Le gouverneur de Nairobi affirme que les promoteurs recrutent souvent des ingénieurs uniquement pour obtenir les autorisations. Si votre nom figure sur les plans, fixez par écrit votre mission de suivi et prévenez le régulateur quand vous quittez un chantier : c'est votre nom que porteront les registres.
Sources
- Structural engineer listed for Eastleigh building disputes responsibility for collapseMjengo Hub, 24 oct.
- DPP flags missing file as Eastleigh building collapse probe launchedThe Eastleigh Voice, 26 oct.
- Exposé reveals how 10 suspects linked to Eastleigh building were released without chargesCitizen Digital, 27 oct.
- Two More People Detected Alive Under Eastleigh Building Rubble, 16 Still MissingKenyans.co.ke, 28 oct.
- Why Eastleigh building collapse is not an accident - Engineers Board boss Harrison KeterThe Eastleigh Voice, 28 oct.