La restauration du Parlement britannique glisse de deux ans avant même le vote, et chaque année de retard pourrait coûter 420 millions de livres
Les locaux provisoires destinés aux députés qui doivent quitter le palais de Westminster ne seront pas prêts avant 2034, deux ans après l'objectif de départ fixé à 2032, rapporte Construction Enquirer. La commission des comptes publics du Parlement estime que chaque année de report de la décision pourrait ajouter jusqu'à 420 millions de livres au coût total du programme.

Le blocage se situe au Northern Estate, l'ensemble de bâtiments où les députés doivent siéger pendant que le palais sera vidé. Les autorisations patrimoniales, le manque de place pour les installations de chantier et la pression budgétaire ralentissent cette rénovation, selon le rapport de la commission publié le 4 novembre. Le déménagement prévu de la Chambre des lords au QEII Centre a son propre souci : l'achat du bâtiment traîne.
Députés et lords doivent voter d'ici fin 2026 sur une première phase de 3 milliards de livres et sur la réduction des options de restauration à deux. Faire sortir entièrement les deux Chambres coûterait de 11,1 à 15,6 milliards de livres, sur 19 à 24 ans. L'option par étapes, avec des déménagements plus limités, revient à 19,5 à 39,2 milliards de livres, sur 38 à 61 ans. Le choix définitif interviendra en 2030. Si le débat glisse au-delà de fin 2026, l'expiration d'accords-cadres d'achat pourrait ajouter encore neuf à 12 mois, selon Construction Enquirer.
Dans la première phase, la sécurité côté fleuve, le déplacement des réseaux techniques et les travaux du cloître médiéval n'ont toujours pas de chiffrage. Une enveloppe non affectée de 500 millions de livres doit les couvrir et servir aussi de provision pour imprévus. La commission demande un plan unique pour la restauration et les locaux provisoires, des estimations fermes pour les lots en suspens, une étude du dialogue compétitif pour que les entreprises donnent leur avis et une gouvernance simplifiée. Son président, Sir Geoffrey Clifton-Brown, a déclaré que chaque report coûte des centaines de millions d'argent public. En attendant une décision, l'entretien du vieux bâtiment devrait passer de 1,5 à 2 millions de livres par semaine.
Pourquoi c’est important : Le travail à court terme, c'est la première phase de 3 milliards de livres : locaux provisoires, travaux préparatoires et partenaire stratégique. Son calendrier dépend désormais d'un vote cette année et d'accords-cadres qui expirent s'il glisse, si bien que les candidats ont intérêt à tabler sur un départ en 2034.
Sources
- Parliament risks managed decline without ‘best case scenario’ renovation: MPsEvening Standard, 3 nov.
- Parliament restoration hits two-year snag before crunch voteConstruction Enquirer, 4 nov.