Une partie du système anti-inondation de 14 milliards de dollars de La Nouvelle-Orléans s'enfonce plus vite que prévu
Le système de protection contre les ouragans de La Nouvelle-Orléans, long de 350 miles (environ 563 km) et achevé en 2018 par le Corps des ingénieurs de l'armée américaine pour 14 milliards de dollars, a des digues qui se tassent dans les sols mous plus vite que prévu, et maintenir la protection contre la tempête centennale exige désormais des décennies de rehaussements, a rapporté The B1M le 4 novembre.
Le Hurricane and Storm Damage Risk Reduction System (HSDRRS), plus de 70 projets construits après Katrina, a rempli son rôle lors du passage de l'ouragan Ida en 2021, selon le reportage vidéo de The B1M. Les ouvrages en béton ont été construits avec une marge pour l'affaissement, dont la barrière Lake Borgne Surge Barrier, longue de près de deux miles et haute de 26 pieds (environ 7,9 m) au-dessus du niveau de la mer. D'autres parties se tassent plus vite que prévu. En 2019, un an après l'achèvement, un rapport du Corps des ingénieurs avertissait que certaines digues pouvaient faire passer le système sous le niveau de protection promis en quatre ans à peine.
La parade s'appelle le rehaussement de digue. Les équipes retirent l'herbe et la terre de la digue existante, taillent le talus en gradins pour que le nouveau remblai ne glisse pas, puis apportent de l'argile et la compactent au rouleau, explique The B1M. Le cycle se répète sur tout le système pendant une cinquantaine d'années. Selon The B1M, le programme a été proposé à 3,2 milliards de dollars et atteignait 5,3 milliards lorsque le Congrès a approuvé son financement en 2023. Sur la rive ouest, le Corps des ingénieurs, l'autorité de protection et de restauration côtière de Louisiane (CPRA) et les agences locales chargées des digues ont signé en mai un accord pour lancer les études du rehaussement West Bank and Vicinity, selon la CPRA. Ces travaux doivent maintenir la protection centennale jusqu'en 2073 pour environ 257 000 habitants de quatre paroisses (comtés), avec 65 % du coût à la charge de l'État fédéral et 35 % pour les partenaires locaux. Le premier marché de travaux est attendu en 2029.
Une nouvelle étude estime que l'agglomération, qui compte plus d'un million d'habitants, doit commencer à planifier sa relocalisation, rapporte The B1M. La maire de la ville a jugé que l'étude cherchait des « titres racoleurs », et le président de la CPRA, Gordon Dove, l'a qualifiée d'étude la plus ridicule qu'il ait jamais vue. Le coauteur Jesse Keenan a répondu que cette réaction était celle qu'on pouvait attendre de responsables politiques. L'an dernier, le gouverneur a annulé un projet de 3 milliards de dollars de restauration des zones humides par les sédiments du fleuve, en invoquant son coût.
Pourquoi c’est important : Le HSDRRS aura besoin de rehaussements de digues pendant les 50 prochaines années. Les entreprises de terrassement, de transport d'argile et de compactage doivent suivre dès maintenant la phase d'études sur la rive ouest : le premier marché de rehaussement y est attendu en 2029.
Sources
- USACE, CPRA Sign Design Agreement for West Bank and Vicinity Future Levee Lifts ProjectCoastal Protection and Restoration Authority, 21 mai
- The $14BN Race To Save New OrleansThe B1M, 4 nov.