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mercredi 4 novembre
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Ratés et scandalesAustralia

Une vidéo TikTok contre son constructeur coûte 883 000 dollars australiens à un propriétaire, sans doute plus d'un million avec les frais

Un propriétaire de Melbourne qui a attaqué son constructeur, Singh Homes, dans une vidéo TikTok virale doit désormais 883 000 dollars australiens : le 28 octobre, une juge du tribunal de comté de Victoria a accordé 105 000 dollars à chacun des deux dirigeants, en plus des 673 000 dollars accordés à l'entreprise. Frais et intérêts devraient porter le total au-delà d'un million.

Le propriétaire avait confié en 2022 à Singh Homes la construction d'une maison à Truganina, en lisière ouest de Melbourne. Le chantier a tourné court entre ses plaintes sur la qualité des travaux et celles du constructeur sur ses paiements, et Singh Homes a résilié le contrat le 12 février 2024. Deux jours plus tard, il a publié un message sur une page Facebook nommée Dodgy Builders Melbourne. Le 17 février, il a mis en ligne sur TikTok une vidéo en pendjabi citant l'entreprise et ses dirigeants, Parvinder Singh Sarwara et Daman Preet Singh Anand. Elle a été vue environ 220 000 fois et a circulé sur WhatsApp, selon le cabinet d'avocats Cornwalls.

Un jury a jugé les publications malveillantes, trompeuses et constitutives d'un dénigrement mensonger, et diffamatoires envers les dirigeants. Des commentaires sous la vidéo ajoutaient que le constructeur allait être liquidé, ce qui était faux. La juge Julie Clayton a accordé 673 000 dollars australiens à l'entreprise pour les clients partis, en calculant le bénéfice perdu sur chaque affaire, réduit selon la probabilité qu'elle aboutisse. Elle n'a accordé que 5 000 dollars à chaque dirigeant, estimant qu'ils n'avaient pas prouvé une atteinte grave à leur réputation.

En août, la cour d'appel a infirmé ce point. Le jury ayant considéré le propriétaire comme l'éditeur des commentaires d'autres internautes sous sa vidéo, la juge aurait dû tenir compte du tort qu'ils causaient, rumeur de liquidation comprise, a dit la cour. Elle a renvoyé le calcul à la juge Clayton, qui a fixé 105 000 dollars australiens par dirigeant, selon un article du 3 novembre compilé par Head Topics à partir de The Age.

La cour d'appel a laissé une question ouverte : l'avis en ligne d'un simple client peut-il relever d'une conduite commerciale au sens de la loi australienne sur la consommation ? Elle n'a pas eu à trancher, car le verdict de dénigrement mensonger, jamais contesté, suffisait à fonder les dommages.

Pourquoi c’est important : Parler d'un chantier raté n'est pas le problème ; une fausse affirmation comme une faillite l'est, et l'auteur peut répondre des commentaires des autres. Les constructeurs doivent consigner les prospects perdus ; les propriétaires face à des défauts doivent passer par la procédure de règlement des litiges.

Sources

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