Kenya : un rapport du gouvernement juge non conformes 57 % des 21 282 chantiers inspectés
Un rapport du Département d'État des travaux publics déposé au Parlement kényan conclut que 12 018 des 21 282 chantiers inspectés entre juillet 2025 et avril 2026, soit environ 57 %, enfreignaient les règles de construction et risquaient de s'effondrer, rapporte le Daily Nation.
Seuls 9 264 chantiers ont été jugés sûrs sur le plan structurel. Les écarts entre régions sont importants. L'ancienne province de l'Ouest arrive en tête, avec 1 183 chantiers conformes sur 1 520. Dans la région du mont Kenya, 807 sur 1 225 ont passé l'inspection et les travaux ont été suspendus sur 418. À Nairobi, 2 261 chantiers sur 3 908 étaient entièrement conformes. Le Nord-Est fait le pire score : les inspecteurs n'ont laissé continuer que 11 chantiers sur 220 et en ont arrêté 209. Dans l'Est supérieur, 53 sur 355 ont passé l'inspection.
Le rapport attribue les défaillances à la conception et à l'exécution. Selon le document, certains promoteurs qui bâtissent sur des sols faibles rognent sur la quantité et la qualité du béton et des armatures pour économiser. Des personnes sans agrément se font passer pour architectes ou ingénieurs et vendent des plans que les promoteurs exécutent sans vérification. Des entrepreneurs s'écartent des plans approuvés, emploient une main-d'œuvre non qualifiée, dosent mal le béton et bâclent la vibration et la cure.
Le contrôle est faible, selon le rapport. L'Autorité nationale de la construction vérifie les chantiers à l'aide d'une liste de sept points, dont l'enregistrement de l'entrepreneur, un certificat de conformité, un panneau affichant les autorisations, les équipements de protection et des ouvriers accrédités, et doit arrêter tout chantier non conforme. Au 31 mars 2026, elle avait obtenu 15 condamnations, et peu d'enquêtes aboutissent à des poursuites. Le rapport recense 100 effondrements de bâtiments depuis 1996, dont huit en 2026, le total annuel le plus élevé à ce jour.
Le rapport est sorti alors que les secours déblayaient encore l'immeuble en construction effondré le 23 octobre à Eastleigh, à Nairobi. Le 30 octobre, huit jours plus tard, ils ont retrouvé le corps d'une femme, et 16 personnes manquaient toujours à l'appel, rapporte The Star. Le directeur des poursuites pénales a demandé à la police d'examiner le rôle des fonctionnaires du comté, du promoteur, des entrepreneurs et des autres professionnels.
Pourquoi c’est important : Le rapport relie les effondrements à des points qu'un conducteur de travaux peut vérifier : les quantités de béton et d'acier par rapport aux plans, l'auteur réel de ces plans, et la façon dont le béton est dosé, vibré et mûri.
Sources
- Woman's body recovered as Eastleigh building collapse rescue enters eighth dayThe Star, 30 oct.
- The ticking time bomb: Nearly 60pc of buildings fail safety checksDaily Nation, 30 oct.
- In Kenya, 57% of inspected sites fail to meet building requirements — Nation KenyaUA.NEWS, 31 oct.