Deux ans après la faillite d'ISG, les créanciers fournisseurs à qui l'on doit 885 millions de livres n'auront rien
EY, administrateur de l'entreprise générale britannique ISG, a déjà récupéré 45,5 millions de livres, mais son rapport du 3 novembre indique que les créanciers chirographaires, dont les sous-traitants et fournisseurs qui réclament environ 885 millions de livres, ne toucheront rien.
Huit sociétés d'ISG ont été placées en administration le 20 septembre 2024. Dans le dernier rapport, qui couvre les six mois jusqu'au 19 septembre 2026, Timothy Vance et Alan Hudson, d'EY, chiffrent les sommes récupérées à 45,5 millions de livres, selon Construction News. C'est presque quatre fois les 11,4 millions que les dirigeants d'ISG pensaient encaisser auprès des débiteurs. Environ 7 millions sont rentrés au cours des six derniers mois, contre 12,2 millions sur la période précédente.
L'argent provient de factures impayées, de retenues de garantie, de travaux en cours et de procédures. La plus grosse rentrée est un dernier versement de 5 millions de livres sur un accord de 10 millions lié à une réclamation d'ISG Engineering Services. Un autre 1,6 million est arrivé le 22 septembre après une procédure d'arbitrage accéléré de chantier (adjudication) gagnée par ISG Retail ; il figurera dans le prochain rapport.
Presque rien n'ira à la chaîne d'approvisionnement. Le fisc britannique, HMRC, détient une créance privilégiée de 91 millions de livres et n'en récupérera qu'une partie, selon Construction Enquirer. Les administrateurs disent ne pas s'attendre à assez d'argent pour verser quoi que ce soit aux créanciers chirographaires non privilégiés. La procédure a déjà coûté 25,6 millions de livres : 11,03 millions d'honoraires d'EY pour 16 262,7 heures, plus 14,57 millions de frais juridiques, de financement de contentieux et d'autres dépenses.
EY poursuit plusieurs actions importantes avec le cabinet Pinsent Masons, et en septembre la High Court a prolongé l'administration jusqu'au 19 septembre 2028. Les administrateurs réclament aussi trois créances à la société qui a racheté l'ancienne activité espagnole d'ISG. Rien n'a encore été récupéré auprès d'elle.
Pourquoi c’est important : Les créanciers fournisseurs non garantis passent après les frais de procédure et les créances privilégiées comme l'impôt, et chez ISG il ne leur reste rien. Les sous-traitants d'une entreprise générale fragile doivent vérifier leurs garanties de paiement et délais de privilège avant la prochaine situation.
Sources
- ISG recoveries hit £46m but trade creditors won’t get a pennyConstruction Enquirer, 3 nov.
- ISG administrators recover £46m from debts and legal claimsConstruction News, 3 nov.