Ouganda : l'extension d'église effondrée n'avait pas de permis et des poutres de 6 mètres sans appui, selon les inspecteurs
Le Conseil national de contrôle des bâtiments de l'Ouganda (NBRB) indique que l'extension de quatre niveaux d'une église effondrée près d'Entebbe le 26 octobre, qui a tué un ouvrier et blessé 25 personnes, n'avait ni permis ni plans approuvés. Ses conclusions préliminaires pointent des poutres en béton de 60 sur 60 cm franchissant plus de 6 mètres sans appui.
L'extension, un rez-de-chaussée et trois niveaux en béton armé, était raccordée à la salle à ossature acier de l'église Holy City à Bwerenga, district de Wakiso, rapporte le Daily Monitor. L'ossature était terminée et les ouvriers posaient du terrazzo quand le bloc s'est incliné, a basculé puis s'est entièrement écrasé, selon le conseil. Les secours ont sorti 25 hommes vivants.
Les inspecteurs ont relevé des poutres allant jusqu'à 60 sur 60 cm, dont certaines franchissaient plus de 6 m sans rien dessous, et ont relié l'effondrement à de probables erreurs de conception. Les armatures des dalles mélangeaient les diamètres avec un espacement aléatoire. Poteaux, poutres et planchers étaient hors d'aplomb, signe selon le conseil d'une exécution médiocre sans encadrement par un professionnel qualifié. Les inspecteurs n'ont trouvé sur place ni permis de construire, ni plans de structure approuvés, ni autre autorisation, et n'ont vu aucune mesure de sécurité. Selon les règles ougandaises, le bâtiment relève de la classe A, qui exige le plus haut niveau d'approbation et de contrôle professionnel.
L'article 45 de la loi de 2013 sur le contrôle des constructions fait de la négligence ayant causé un décès, des blessures ou des dégâts sur un chantier une infraction pénale, passible de 12 ans de prison, d'une amende de 288 unités monétaires (5,6 millions de shillings ougandais) ou des deux. Les conclusions du conseil sont préliminaires. Le 28 octobre, des organisations d'entrepreneurs et de l'immobilier à Kampala ont demandé que les inspecteurs de chantier soient tenus personnellement responsables, en rappelant trois autres effondrements mortels cette année à Ntinda, Kisasi et Mbale, selon l'Uganda Broadcasting Corporation.
Pourquoi c’est important : La liste du conseil vaut check-list avant tout coulage d'une ossature béton : un ingénieur responsable, des plans approuvés sur le chantier, des armatures au diamètre et à l'espacement prévus, et des étais sous les longues poutres tant que le calcul ne permet pas de les charger.
Sources
- Ulimatum on Building Collapses: Sector Leaders Demand Strict Inspector Culpability and Universal Licensing ahead of Area City Series 2026Uganda Broadcasting Corporation, 28 oct.
- NBRB probe exposes illegal construction, severe design flaws in deadly Holy City church collapseDaily Monitor, 28 oct.